QUIES MOVEO

[ Mouvement immobile ]

La matérialité de l’oeuvre tend à l’immatériel.

Le blanc des tôles récupérées sur des chantiers se fond dans le blanc des murs. Nous ne travaillons pas la surface elle-même, c’est une surface neutre, au fini industriel. Seulement quelques plis sur la surface, révélés par la lumière.

L’essentiel n’est pas de regarder mais de sentir la présence du vide. La perception d’une même oeuvre évolue sans cesse avec l’espace et le temps. Elle est vivante !

Nos oeuvres naissent de rencontres avec le réel. De simples papiers froissés, déchirés jetés sur le trottoir, attirent notre attention. Et nous ouvrent une voie nouvelle. À chaque rencontre entre le monde extérieur et notre monde intérieur, une nouvelle image émerge et engendre des constructions infinies.

Quand nous plions la tôle, nous respirons profondément, nous retenons notre respiration, et nous pressons la surface ensemble, répétant à grande échelle les gestes préalablement réalisés sur de petits papiers. Nos gestes sont mesurés, nous cherchons à ne pas trop plier. Le pli est l’empreinte de nos deux corps sur la surface.

Nous plions dans l’espace, nous tournons et retournons la surface. C’est pourquoi les oeuvres n’ont ni gauche-droite, ni haut-bas, ni avant-arrière.

Le pli intègre par sa nature division et continuité. C’est d’abord un processus. Les oeuvres se «finissent toutes seules» !